La Chouette d'or, mots de passe russes et Mars : les innovations qui interrogent

Entre l'épilogue d'un jeu culte, les risques des gestionnaires de mots de passe russes et les limites de la colonisation martienne, trois innovations questionnent notre rapport à la technologie et à l'aventure.

La Chouette d'or, mots de passe russes et Mars : les innovations qui interrogent
Photo de Philip Strong sur Unsplash

La Chouette d’or : l’énigme qui a marqué la France s’achève dans l’intime

C’est une histoire qui a captivé des générations de chasseurs de trésors. La Chouette d’or, ce jeu de piste lancé en 1993 par Max Valentin, vient de livrer ses derniers secrets. Dans un entretien accordé au Monde, l’un des proches du créateur, qui souhaite rester anonyme, révèle : « Je peux le dire maintenant, que j’ai enterré la Chouette avec mon frère. » Une confidence qui met un point final à trente-trois ans de spéculations.

L’objet, une statuette de bronze, avait été dissimulé quelque part en France, attendant qu’un joueur résolve les onze énigmes conçues par Valentin. Malgré des milliers de tentatives, personne n’a jamais réussi à la localiser. Mais le mystère ne se limitait pas à sa cachette. Les solutions originales, déposées chez un huissier, ont elles aussi disparu. « Elles ont été détruites après la mort de Max Valentin en 2009, conformément à ses volontés », précise la même source. Une décision qui laisse planer le doute : et si la solution n’avait jamais été trouvée ?

Ce dénouement soulève une question plus large sur l’héritage des jeux cultes. La Chouette d’or, comme d’autres énigmes avant elle, a transcendé son statut de divertissement pour devenir un phénomène culturel. Elle a inspiré des livres, des documentaires, et même des vocations. Pourtant, son épilogue rappelle une vérité souvent oubliée : certaines aventures ne sont pas faites pour être résolues, mais pour être vécues. « Ce qui comptait, ce n’était pas la chouette, mais le voyage », résume un ancien participant.


Passwork : le gestionnaire de mots de passe « européen » qui cache une licence russe

Derrière une façade espagnole se cache une réalité bien moins rassurante. Passwork, un gestionnaire de mots de passe utilisé par des entreprises françaises, a été développé en Russie et détient toujours une licence du FSB, les services de renseignement intérieurs du pays. Une situation qui pose un sérieux problème de sécurité, comme le révèle une enquête du Monde.

Le logiciel, qui se présente comme une solution « 100 % européenne », est en réalité hébergé sur des serveurs russes. « Cela signifie que les données des utilisateurs, y compris celles des entreprises françaises, transitent par des infrastructures soumises au droit russe », explique un expert en cybersécurité. Parmi les clients de Passwork figurent des sociétés du CAC 40, des hôpitaux et même des institutions publiques. « C’est un risque majeur, surtout dans un contexte de tensions géopolitiques », souligne-t-il.

La licence du FSB, obligatoire pour toute entreprise russe travaillant dans le domaine de la cryptographie, permet aux autorités d’accéder aux données si elles le jugent nécessaire. « En théorie, le FSB pourrait exiger l’accès aux mots de passe stockés, sans que les utilisateurs en soient informés », précise l’expert. Contacté par le Monde, Passwork n’a pas répondu aux questions sur sa gouvernance ou ses liens avec les autorités russes.

Cette affaire rappelle une réalité souvent négligée : la souveraineté numérique ne se décrète pas, elle se construit. « Il ne suffit pas de dire qu’un logiciel est européen. Il faut vérifier d’où viennent ses développeurs, où sont hébergées les données, et quelles lois s’appliquent », insiste un responsable de l’ANSSI (Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information). En attendant, les entreprises françaises sont invitées à auditer leurs outils de cybersécurité.


Mars : la planète B reste un rêve lointain

Elon Musk en rêve, la NASA y travaille, et Hollywood en a fait un blockbuster. Pourtant, Mars, cette « planète B » tant fantasmée, est encore loin d’être habitable. Dans le cinquième volet de sa série « À la conquête de Mars », le Monde rappelle les défis colossaux qui attendent l’humanité avant de pouvoir y poser le pied – et surtout, y rester.

Le principal obstacle ? L’absence d’atmosphère respirable. « Mars possède une atmosphère, mais elle est composée à 95 % de CO₂ et sa pression est 100 fois inférieure à celle de la Terre », explique un astrophysicien. Sans parler des températures, qui oscillent entre -140°C et 20°C, ou des radiations solaires, bien plus intenses que sur notre planète. « Même avec les technologies actuelles, un séjour prolongé sur Mars serait extrêmement risqué », souligne-t-il.

La terraformation, ce processus qui consisterait à rendre Mars habitable en modifiant son climat, relève encore de la science-fiction. « Pour créer une atmosphère respirable, il faudrait libérer d’énormes quantités de CO₂ piégées dans le sol martien. Mais nous n’avons pas les moyens techniques de le faire », précise un chercheur. Sans compter que les effets secondaires d’une telle manipulation sont inconnus. « Et si, au lieu de réchauffer la planète, nous déclenchions une réaction en chaîne incontrôlable ? », s’interroge-t-il.

Pourtant, l’idée d’une colonie martienne continue de fasciner. « Mars est le seul endroit du système solaire où l’homme pourrait, un jour, s’installer durablement », estime un ingénieur spatial. Mais ce jour est encore lointain. « Avant de parler de colonisation, il faudrait déjà réussir à y envoyer une mission habitée, puis à en revenir. Et ça, ce n’est pas pour demain », tempère-t-il.

En attendant, Mars reste un terrain de jeu pour les robots. « Les rovers et les sondes nous permettent d’étudier la planète sans prendre de risques. C’est une étape indispensable avant d’envisager une présence humaine », conclut un scientifique. La planète rouge, pour l’instant, reste un rêve – mais un rêve qui fait avancer la science.


Ce qu’il faut retenir

  1. La Chouette d’or s’éteint dans le mystère : Après trente-trois ans d’énigmes, le jeu culte de Max Valentin livre ses derniers secrets. La statuette a été enterrée avec son créateur, et les solutions originales ont été détruites. Une fin qui rappelle que certaines aventures valent plus pour le voyage que pour la destination.
  2. Passwork, ou l’illusion de la souveraineté numérique : Derrière un vernis européen se cache un logiciel russe soumis au droit du FSB. Une affaire qui rappelle l’importance de vérifier l’origine et la gouvernance des outils de cybersécurité, surtout dans un contexte géopolitique tendu.
  3. Mars, une planète B encore inaccessible : Malgré les rêves de colonisation, la planète rouge reste un environnement hostile. Terraformation, atmosphère irrespirable, radiations : les défis sont immenses, et les solutions, lointaines. Pour l’instant, Mars reste un terrain d’exploration robotique – et un miroir de nos ambitions.