Sports : Cherki décolle à City, Griezmann tombe à Séville
Rayan Cherki s'impose à Manchester City, Antoine Griezmann perd la Coupe du Roi : le football français vit ses heures contrastées hors des frontières.
Revue de presse du 19 avril 2026
Dernière mise à jour : 07:19
Antoine Griezmann avait préparé sa nuit sévillane comme un retour en gloire. La Real Sociedad lui a refermé la porte aux tirs au but. Pendant ce temps, à Manchester, un gamin lyonnais de vingt-deux ans tient la baraque d'un club anglais. Le football français se cherche dehors — et ne se trouve pas toujours.
Pourquoi la Coupe du Roi laisse-t-elle Griezmann à terre ?
Ce que Le Figaro raconte de la finale tient en un score (2-2, 4-3 aux tirs au but) et un héros qui n'a pas le maillot tricolore : le gardien Marrero a sorti l'Atlético Madrid de la compétition. Le bijou d'Álvarez n'aura pas suffi. La Real Sociedad soulève la coupe ; Griezmann repart sans trophée, et le quotidien parle ouvertement de « rêve brisé ».
Pour l'avant-centre français, chaque finale ratée pèse désormais plus lourd que la précédente. Sa carrière espagnole, brillante par séquences, peine à s'écrire en majuscules collectives. Les Colchoneros, eux, accumulent les rendez-vous manqués face aux gros — Real, Barça, et maintenant San Sebastián.
Rayan Cherki, comment passe-t-on du banc à locomotive de City ?
Pendant que Griezmann tombait, L'Équipe consacre sa colonne à Rayan Cherki. Le milieu international français, recruté par Manchester City, a connu un hiver à la trappe : Guardiola le laissait sur le banc, le format anglais semblait l'avaler. Trois mois plus tard, le quotidien sportif décrit le Lyonnais comme celui qui « tient désormais les clés du jeu » des Citizens à l'approche du choc contre Arsenal, ce dimanche à 17h30.
L'histoire devient familière : un talent français incompris, qui se réinvente en Premier League là où la Ligue 1 le rangeait dans la case « espoir capricieux ». Cherki rappelle ce reproche tenace fait au championnat de France — son incapacité à utiliser ses meilleurs joueurs avant qu'ils ne fassent leurs valises. Pour rester à City, il faut produire chaque week-end. Il produit.
Que dit Rai du prix payé par les footballeurs ?
Le Monde a interrogé Rai cette semaine, dans sa rubrique « Je ne serais pas arrivé là si... ». L'ancien capitaine du PSG, frère cadet de Sócrates, lâche une phrase qui claque : « Je ne pouvais pas être un footballeur moyen, la comparaison avec mon frère m'aurait tué. » Le portrait rend hommage à des parents qui voyaient haut pour leurs six garçons.
Au-delà de la nostalgie, Rai éclaire une réalité que le foot moderne maquille : pour beaucoup de joueurs, le talent n'est pas un don, c'est une dette. Envers la famille, le quartier, le frère qu'il fallait égaler. Cette parole d'un Brésilien francisé résonne curieusement à l'heure où l'on parle de Cherki, jeune homme qu'on a longtemps trouvé trop sûr de lui à Lyon. La pression se dose. Elle se subit aussi.
Munich attend Paris : l'autre lecture du week-end
L'Équipe dresse un portrait élogieux de Vincent Kompany. Le technicien belge, arrivé au Bayern il y a bientôt deux ans, peut décrocher le titre allemand dès ce dimanche après-midi. Le quotidien insiste sur la sérénité installée par l'ancien défenseur dans un vestiaire historiquement chaotique. Joueurs et dirigeants en font un objet d'unanimité — denrée rare en Bavière.
Pour le PSG, qui vient de signer un exploit européen, l'avertissement est limpide. La demi-finale de Ligue des champions ne se jouera pas contre un Bayern fébrile, mais contre une machine reprise en main par un homme que tout le monde semble vouloir suivre.
Imola et Barcelone, les autres rendez-vous du dimanche
Le foot ne mange pas tout. À Imola, l'équipe d'endurance Ferrari ouvre sa saison WEC ; L'Équipe note que les tifosi viennent en nombre, l'écurie endurance ayant fini par s'imposer dans leur cœur malgré l'écrasante notoriété de la Formule 1. À Barcelone, Arthur Fils affronte Andrey Rublev en finale (Eurosport). Thierry Tulasne, dernier Français vainqueur du tournoi en 1985 face à Mats Wilander, dit du Tricolore qu'il « est capable de rivaliser avec tout le monde ». Le tennis français cherche un héritier — il en tient peut-être un.
Ce qu'il faut retenir
Griezmann perd, Cherki s'impose, Rai témoigne, Kompany guette. Le football français vit hors de ses frontières plus intensément qu'en Ligue 1. C'est sans doute le vrai verdict de la semaine : le talent tricolore brille mieux à l'étranger, et il faut aller le voir loin pour le voir grand.