Maroc : hausse des carburants, visa thaïlandais et régulation des PFAS, les signaux du 16 septembre

Le 16 septembre 2026, le Maroc fait face à une hausse des prix des carburants, une nouvelle obligation de visa pour la Thaïlande et un débat international sur les "polluants éternels". Analyse des enjeux économiques et sanitaires.

Maroc : hausse des carburants, visa thaïlandais et régulation des PFAS, les signaux du 16 septembre
Photo de Yazid N sur Unsplash

Hausse des carburants : un nouveau coup pour le pouvoir d’achat

À compter de ce mercredi 16 septembre, les prix des carburants connaissent une augmentation significative au Maroc. Le litre de gasoil progresse de 34 centimes, tandis que celui de l’essence augmente de 27 centimes, selon les données de la Direction générale de la météorologie et des sources locales. Cette hausse, qui intervient deux semaines après un premier ajustement de 6 centimes pour le gasoil, porte le prix du litre de gasoil à environ 15,35 dirhams et celui de l’essence à plus de 15,20 dirhams.

Cette évolution intervient dans un contexte déjà marqué par des tensions sur le pouvoir d’achat, alors que la campagne électorale pour les législatives bat son plein. Les partis politiques, à l’image du Parti authenticité et modernité (PAM), ont placé la question des prix des produits de première nécessité au cœur de leurs priorités. Fouzi Lekjaa, ministre délégué chargé du Budget et dirigeant du PAM, a profité d’une rencontre avec les habitants du quartier Yacoub El Mansour à Rabat pour aborder cette problématique. Il a notamment plaidé pour une baisse des prix des produits alimentaires, tout en défendant une mesure sociale forte : le maintien de l’intégralité de la pension pour les veuves après le décès de leur conjoint, une proposition qui, si elle était adoptée, pourrait atténuer l’impact des hausses de prix pour les ménages les plus vulnérables.


Thaïlande : fin d’une ère pour les voyageurs marocains

C’est une facilité de voyage qui disparaît pour les Marocains. Depuis le 15 septembre, les détenteurs d’un passeport marocain doivent désormais obtenir un visa pour entrer en Thaïlande, mettant fin à un régime d’exemption qui permettait des séjours de 60 jours sans formalité préalable. Cette décision, annoncée par les autorités thaïlandaises, s’inscrit dans une refonte plus large de leur politique d’entrée, qui réduit drastiquement le nombre de nationalités bénéficiant de cette exemption.

Jusqu’à présent, le Maroc figurait parmi les pays privilégiés, aux côtés de nations comme la Corée du Sud ou le Brésil. Désormais, les voyageurs marocains devront non seulement obtenir un visa, mais leur séjour sans formalité sera limité à 30 jours. Cette mesure pourrait avoir des répercussions sur le tourisme marocain en Thaïlande, un marché en croissance ces dernières années, notamment parmi les classes moyennes en quête de destinations exotiques à coût maîtrisé.

Pour les professionnels du secteur, cette décision soulève des questions sur les relations bilatérales entre les deux pays. Aucune explication officielle n’a été fournie par Bangkok, mais certains analystes évoquent une volonté de mieux contrôler les flux migratoires dans un contexte de tensions régionales en Asie du Sud-Est.


Les "polluants éternels" : un défi sanitaire et réglementaire pour le Maroc

Le Maroc, comme le reste du monde, est confronté à une menace environnementale et sanitaire de plus en plus pressante : la prolifération des substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), ces composés chimiques de synthèse surnommés "polluants éternels" en raison de leur extrême persistance dans l’environnement. Lors de la 63e session du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à Genève, deux experts indépendants ont tiré la sonnette d’alarme, appelant à une interdiction rapide des usages non essentiels de ces substances à l’échelle mondiale.

Les PFAS, utilisés dans une multitude de produits industriels et de consommation (emballages alimentaires, textiles, mousses anti-incendie, cosmétiques), posent un défi majeur en raison de leur capacité à se disperser sur de longues distances via l’air et l’eau. Une fois libérés dans la nature, ils sont quasi impossibles à éliminer, contaminant les sols, les nappes phréatiques et même les organismes vivants. Leur impact sur la santé humaine est désormais bien documenté : perturbations endocriniennes, risques accrus de cancers, effets sur la fertilité et le développement des enfants.

Pour le Maroc, cette problématique s’inscrit dans un contexte plus large de gestion des risques sanitaires et environnementaux. Le pays, qui a déjà engagé des réformes pour renforcer la protection de l’environnement, pourrait être amené à durcir sa réglementation sur ces substances, en alignement avec les recommandations internationales. Cependant, la transition vers des alternatives aux PFAS représente un défi économique et technologique, notamment pour les industries locales qui dépendent de ces composés.


Coopération sécuritaire : entre primauté du droit et instrumentalisation médiatique

La coopération sécuritaire internationale, essentielle pour lutter contre la criminalité transnationale, est parfois mise à mal par des dérives médiatiques. Un récent exemple en France illustre cette tension : une campagne médiatique s’est appuyée sur la fuite d’un document interne attribué à la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) de la police marocaine, transformant une question sécuritaire sensible en matière à consommation médiatique orientée.

Dans un monde où les réseaux criminels opèrent sans frontières, la coopération judiciaire et policière repose sur la confiance mutuelle et le strict respect des accords bilatéraux. Pourtant, lorsque des informations confidentielles sont divulguées et instrumentalisées, cela peut nuire à la crédibilité des institutions et compliquer les efforts conjoints pour traduire les criminels en justice.

Pour le Maroc, cette situation souligne l’importance de renforcer les mécanismes de protection des données sensibles, tout en maintenant une transparence nécessaire vis-à-vis des citoyens. La lutte contre la criminalité transnationale ne peut se faire au détriment des principes de primauté du droit, mais elle exige aussi une vigilance accrue face aux tentatives de déstabilisation médiatique.


Ce qu’il faut retenir

Ce 16 septembre 2026, plusieurs signaux économiques et sanitaires se dégagent pour le Maroc. La hausse des prix des carburants, effective dès aujourd’hui, pèse sur le pouvoir d’achat des ménages, dans un contexte où les partis politiques placent cette question au cœur de leurs priorités électorales. Parallèlement, la fin de l’exemption de visa pour la Thaïlande pourrait freiner un tourisme en plein essor, tout en interrogeant sur les relations bilatérales entre les deux pays.

Sur le plan environnemental, la question des PFAS, ces "polluants éternels", s’impose comme un défi majeur pour le Maroc, qui devra concilier impératifs sanitaires, réglementations internationales et contraintes économiques. Enfin, la coopération sécuritaire, bien que cruciale, reste vulnérable aux dérives médiatiques, rappelant la nécessité de protéger les échanges sensibles tout en garantissant la transparence.

Dans un environnement marqué par des tensions régionales et des défis globaux, ces enjeux appellent des réponses équilibrées, à la fois pragmatiques et respectueuses des principes fondamentaux.