Cannes, Bolloré, Ukraine : la France en première ligne des guerres invisibles
Entre le Festival de Cannes sous tension, l’Ukraine qui frappe la Russie et Bolloré qui étend son empire, la France navigue entre culture, guerre et capitalisme sans garde-fous.
La France se réveille ce samedi 23 mai 2026 avec trois fronts ouverts, aussi discrets qu’explosifs. À Cannes, Vincent Bolloré a transformé le tapis rouge en champ de bataille. En mer Noire, l’Ukraine frappe un terminal pétrolier russe, rappelant que la guerre est loin d’être gelée. Et à Paris, Gabriel Attal officialise sa candidature à la présidentielle, comme si ces crises n’existaient pas. Trois dossiers qui révèlent une même réalité : la France est devenue l’arène où se jouent des conflits sans déclaration de guerre, où les armes sont économiques, culturelles et médiatiques.
Cannes 2026 : quand Bolloré transforme le cinéma en otage
Le Festival de Cannes s’achève ce soir, mais personne ne parle des films. La star de cette édition ? Vincent Bolloré. Le milliardaire, déjà propriétaire de Canal+ et CNews, vient d’annoncer son intention de racheter UGC d’ici 2028. Une manœuvre qui ferait de lui le maître absolu de la distribution cinématographique française, contrôlant à la fois la production (via Studiocanal), la diffusion (Canal+) et les salles (UGC).
Les professionnels du secteur, réunis en urgence vendredi, tentent de dresser des "garde-fous". Mais contre quoi ? Contre un homme qui a déjà prouvé, avec CNews, qu’il savait instrumentaliser les médias pour servir ses intérêts politiques et économiques. Le cinéma français, déjà fragilisé par la concurrence des plateformes, risque de devenir un simple outil au service d’une vision ultra-libérale et conservatrice.
Pourquoi ça compte ? Parce que le cinéma n’est pas qu’un divertissement. C’est un soft power, un récit national, un contre-pouvoir. Si Bolloré en prend le contrôle, c’est toute la diversité culturelle française qui sera menacée. Et personne, ni l’État ni les professionnels, ne semble avoir les moyens de l’arrêter.
Ukraine : la France regarde ailleurs, mais la guerre frappe à sa porte
Pendant ce temps, à 2 500 kilomètres de Cannes, l’Ukraine vient de frapper un dépôt pétrolier à Novorossiïsk, l’un des principaux terminaux d’exportation de la Russie. Deux blessés, des flammes visibles à des kilomètres, et un message clair : Kiev ne lâche rien, même après deux ans de guerre.
Pourtant, en France, le sujet est relégué au second plan. Les médias en parlent à peine, les politiques encore moins. Comme si cette guerre, qui a déjà redessiné l’Europe, ne nous concernait plus. Pourtant, les conséquences sont bien là : inflation sur les prix de l’énergie, tensions avec la Russie, et une Europe divisée sur la suite à donner.
Le plus ironique ? C’est la France, via ses drones et ses missiles, qui permet à l’Ukraine de mener ces frappes. Mais personne n’en tire les conclusions. La guerre est devenue un bruit de fond, une actualité lointaine, alors qu’elle frappe désormais directement les intérêts économiques russes – et donc, indirectement, les nôtres.
Gabriel Attal, ou l’art de faire campagne en ignorant les crises
Dans ce contexte explosif, Gabriel Attal a choisi ce vendredi pour officialiser sa candidature à la présidentielle de 2027. Un coup de com’ soigneusement calculé, depuis l’Aveyron, pour se poser en homme du terrain, loin des tumultes parisiens.
Le problème ? Son discours ne mentionne ni Bolloré, ni l’Ukraine, ni les tensions sociales qui secouent le pays. Comme si la présidentielle se jouait dans un monde parallèle, où les seuls enjeux seraient le pouvoir d’achat et l’identité nationale. Pourtant, les Français vivent dans un pays où :
- Un milliardaire peut racheter le cinéma sans que l’État ne bronche.
- La guerre en Ukraine menace nos approvisionnements énergétiques.
- Les inégalités explosent, avec des milliardaires comme Bolloré qui paient moins d’impôts que leurs salariés.
Attal incarne cette schizophrénie française : un pays qui se veut une grande puissance, mais qui refuse de regarder en face les crises qui le minent.
Ce qu’il faut retenir : la France en mode survie
Trois dossiers, trois symptômes d’une même maladie : la France a perdu le contrôle de ses propres récits.
- Le cinéma est en train de devenir un monopole, sans que personne ne lève le petit doigt.
- La guerre en Ukraine est traitée comme un sujet lointain, alors qu’elle frappe nos intérêts économiques.
- La présidentielle se prépare comme si ces crises n’existaient pas.
Le pire ? Personne ne semble avoir de solution. Bolloré avance, l’Ukraine frappe, et Attal sourit. La France, elle, attend la prochaine secousse.