CAN féminine, soft power et mercato : les fronts culturels du Maroc ce 27 juillet
La Coupe d'Afrique des nations féminine 2026 entre dans le vif à Rabat, tandis que le soft power marocain s'affirme et que le mercato européen s'intéresse aux talents locaux.
La CAN féminine 2026 s'installe à Rabat
La Coupe d'Afrique des nations féminine 2026 franchit une nouvelle étape ce lundi avec l'entrée en lice des favorites du groupe B. Le stade Al Medina de Rabat accueillera deux rencontres clés : l'Afrique du Sud, championne en titre et demi-finaliste en 2024, affrontera la Tanzanie à 19h, suivie du duel entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso à 22h. Ces matchs marquent le début d'une compétition où le Maroc, pays hôte, nourrit de grandes ambitions après son parcours remarqué lors de la dernière édition.
L'organisation de cette CAN féminine s'inscrit dans une stratégie plus large du Royaume pour positionner le football comme un vecteur d'influence et de développement. Selon le Dr Tayeb Hamdi, chercheur en politiques publiques, cette compétition "offre une vitrine exceptionnelle pour démontrer la capacité du Maroc à organiser des événements sportifs de haut niveau, tout en promouvant l'égalité des genres dans le sport". La présence de stars comme la Sud-Africaine Thembi Kgatlana ou la Ivoirienne Inès Nrehy devrait également contribuer à populariser davantage le football féminin sur le continent.
Le soft power marocain gagne du terrain
À l'approche de la Fête du Trône, plusieurs indicateurs confirment la montée en puissance de l'influence marocaine sur la scène internationale. Le concept de soft power, longtemps associé aux grandes puissances occidentales, prend une dimension particulière au Maroc, où il se construit sur des piliers concrets : reconnaissance croissante de la souveraineté sur le Sahara, organisation d'événements sportifs mondiaux, partenariats africains renforcés et diplomatie sanitaire efficace.
"Cette influence ne relève pas du hasard", explique le Dr Hamdi. "Elle est le fruit d'une stratégie cohérente qui combine attractivité économique, rayonnement culturel et positionnement géopolitique." Le récent revirement de l'activiste espagnole Filipa Velazquez, qui a publiquement regretté son engagement passé en faveur du polisario, illustre ce changement de perception. Dans une publication sur les réseaux sociaux, elle a remercié le gouvernement espagnol pour son soutien au plan d'autonomie marocain, estimant avoir "perdu son temps" à défendre une cause qu'elle juge désormais sans issue.
Cette évolution s'inscrit dans un contexte plus large où le Maroc consolide ses positions, notamment en Afrique. L'organisation de compétitions sportives comme la CAN féminine ou la Coupe du Monde 2030, dont le Maroc prépare la candidature conjointe avec l'Espagne et le Portugal, participe de cette stratégie d'influence.
Le mercato européen s'intéresse aux talents marocains
Le football marocain continue d'alimenter les discussions dans les cercles du mercato européen. Deux cas illustrent particulièrement cette dynamique : celui d'Ayyoub Bouaddi, milieu de terrain du LOSC, et la recherche par le PSG d'un concurrent pour Achraf Hakimi.
À seulement 18 ans, Bouaddi s'est imposé comme l'une des révélations du Mondial 2026. Ses performances, notamment face au Brésil, ont attiré l'attention de Manchester City, qui aurait entamé des discussions concrètes avec le LOSC pour un éventuel transfert. "Le joueur a impressionné par sa maturité et sa qualité technique", note L'Équipe, qui précise que le club lillois n'est pas pressé de se séparer de son jeune talent.
Du côté du Paris Saint-Germain, le directeur sportif Luis Campos travaille activement au recrutement d'un défenseur polyvalent capable d'évoluer sur le côté droit, où officie déjà l'international marocain Achraf Hakimi. L'objectif n'est pas de remplacer ce dernier, mais de lui offrir une véritable concurrence et de permettre une meilleure rotation, dans un contexte où le club parisien vise une saison particulièrement chargée.
Cette attention portée aux joueurs marocains reflète la montée en puissance du football local, qui combine désormais formation de qualité et expérience internationale. La Fédération Royale Marocaine de Football (FRMF) a d'ailleurs fait de ce vivier une priorité, avec des programmes de détection et d'accompagnement qui portent leurs fruits.
L'économie du sport en mouvement
L'introduction en Bourse de T2S, sursouscrite 43,75 fois par plus de 111 000 investisseurs, marque une nouvelle étape dans le développement du marché des capitaux marocain. "C'est une très bonne nouvelle pour l'ensemble des acteurs du marché", s'est félicité Nasser Seddiqi, directeur général de la Bourse de Casablanca, lors de la cérémonie de première cotation.
Cette opération témoigne de l'intérêt croissant des investisseurs pour les entreprises liées au sport et à l'événementiel, un secteur en pleine expansion au Maroc. Elle s'inscrit dans une dynamique plus large où le sport devient un levier économique à part entière, capable d'attirer des capitaux et de créer de l'emploi.
Dans le même temps, le Wydad Athletic Club a officialisé l'arrivée du Portugais Paulo Sérgio comme nouvel entraîneur pour la saison 2026-2027. Ce choix s'inscrit dans une volonté de stabilité technique et de compétitivité accrue, alors que le club casablancais entend retrouver les sommets du football africain.
Ce qu'il faut retenir
La journée du 27 juillet illustre la diversité des fronts sur lesquels le Maroc déploie sa stratégie culturelle et sportive. La CAN féminine, qui entre dans le vif à Rabat, offre une vitrine exceptionnelle pour le football féminin africain, tandis que l'intérêt des clubs européens pour les talents locaux confirme la qualité de la formation marocaine. Parallèlement, le soft power du Royaume continue de s'affirmer, porté par une diplomatie active et des succès concrets sur la scène internationale.
Sur le plan économique, l'introduction en Bourse de T2S et les mouvements dans le football professionnel montrent que le sport marocain est en train de devenir un secteur économique à part entière, capable d'attirer des investissements et de créer de la valeur. Ces développements s'inscrivent dans une vision plus large où culture, sport et économie se renforcent mutuellement pour consolider la position du Maroc sur la scène régionale et internationale.