CAN féminine 2026 : le Maroc en quarts, Renard de retour en Côte d'Ivoire

Le Maroc se qualifie pour les quarts de finale de la CAN féminine malgré un nul face au Sénégal, tandis qu'Hervé Renard reprend les rênes des Éléphants ivoiriens. Analyse des enjeux sportifs et géopolitiques.

CAN féminine 2026 : le Maroc en quarts, Renard de retour en Côte d'Ivoire
Photo de Jeffrey F Lin sur Unsplash

Le Maroc valide son quart de finale malgré un match nul tactique

Les Lionnes de l’Atlas ont assuré leur qualification pour les quarts de finale de la CAN féminine 2026 en terminant en tête de leur groupe, malgré un match nul (0-0) face au Sénégal lors de la dernière journée. Un résultat qui confirme la maîtrise tactique d’une équipe marocaine en pleine maturation, mais aussi les limites d’un jeu parfois trop prévisible.

Dès les premières minutes, le Maroc a imposé son tempo, avec une possession de balle dominante et des incursions répétées dans la surface sénégalaise. Ibtissam Ouzraoui, l’attaquante phare de la sélection, a été particulièrement active, avec deux frappes cadrées repoussées par la gardienne Adji Ndiaye. Pourtant, malgré cette pression initiale, les Marocaines ont peiné à concrétiser leurs occasions, butant sur une défense sénégalaise organisée en bloc bas. "Le Sénégal a joué la prudence, en attendant nos erreurs. Nous avons manqué de créativité dans le dernier geste", a reconnu la capitaine Ghizlane Chebbak en conférence de presse.

Ce match nul, s’il n’a pas empêché la qualification, soulève des questions sur la capacité du Maroc à franchir un palier dans cette compétition. Les Lionnes, qui évoluent à domicile, bénéficient d’un soutien populaire inédit – les stades de Rabat et Casablanca affichent complet à chaque rencontre – mais devront corriger leurs lacunes offensives pour espérer aller plus loin. Leur prochain adversaire en quart de finale n’est pas encore connu, mais les observateurs s’attendent à une confrontation serrée, peut-être face au Nigeria ou au Malawi, deux équipes qui ont impressionné lors de la phase de groupes.


Hervé Renard de retour en Côte d’Ivoire : un pari risqué ?

Onze ans après avoir mené les Éléphants à leur deuxième titre continental lors de la CAN 2015, Hervé Renard s’apprête à reprendre les rênes de la sélection ivoirienne. Selon plusieurs médias, dont RMC Sport, sa nomination officielle devrait être annoncée ce mercredi, avant même l’élection du nouveau président de la Fédération ivoirienne de football (FIF), prévue le 12 septembre. Un retour qui intervient dans un contexte particulier : la Côte d’Ivoire, éliminée dès le premier tour de la Coupe du monde 2026, cherche à se reconstruire autour d’une génération prometteuse, emmenée par des talents comme Amad Diallo ou Christ Inao Oulaï.

Pour Renard, ce nouveau défi représente à la fois une opportunité et un risque. D’un côté, le technicien français connaît parfaitement le football africain – il a également dirigé la Zambie et le Maroc, avec lequel il a atteint les demi-finales de la Coupe du monde 2022. De l’autre, il hérite d’une équipe en pleine transition, où les attentes seront immenses, notamment en vue de la CAN 2027, organisée conjointement par le Maroc, l’Algérie et la Tunisie. "La Côte d’Ivoire a besoin de stabilité. Renard apporte une expérience précieuse, mais il devra composer avec une pression médiatique et populaire très forte", analyse un consultant footballistique basé à Abidjan.

Son retour intervient aussi dans un contexte géopolitique tendu entre le Maroc et la Côte d’Ivoire, deux nations qui se disputent le leadership footballistique en Afrique de l’Ouest. Alors que le Maroc mise sur son soft power sportif pour renforcer son influence continentale, la Côte d’Ivoire, finaliste malheureuse de la CAN 2023, voit en Renard un atout pour contrer cette domination. Une rivalité qui promet des chocs électriques lors des prochaines compétitions.


Ce qu’il faut retenir

  1. Le Maroc en quarts, mais des limites à corriger

La qualification des Lionnes de l’Atlas pour les quarts de finale de la CAN féminine 2026 est une performance historique pour le football marocain, mais leur jeu offensif reste perfectible. Face à des défenses organisées comme celle du Sénégal, les Marocaines devront diversifier leurs attaques pour espérer aller plus loin.

  1. Hervé Renard, un sélectionneur "made in Africa"

Son retour en Côte d’Ivoire confirme une tendance : les fédérations africaines privilégient désormais des techniciens familiarisés avec les réalités du continent. Renard, qui a déjà remporté deux CAN (avec la Zambie en 2012 et la Côte d’Ivoire en 2015), incarne cette expertise. Son défi ? Redonner confiance à une équipe en reconstruction.

  1. Un tournoi qui dépasse le sport

La CAN féminine 2026 s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un football africain en pleine ascension, où les enjeux sportifs croisent des rivalités géopolitiques. Le Maroc, hôte de la compétition, utilise ce tournoi comme vitrine de son soft power, tandis que la Côte d’Ivoire cherche à retrouver son lustre d’antan. Les quarts de finale, qui s’annoncent serrés, seront un test pour les deux nations.

  1. Un public marocain en feu

Le succès des Lionnes de l’Atlas a créé un engouement sans précédent pour le football féminin au Maroc. Les stades sont pleins, et les réseaux sociaux s’embrasent après chaque match. Un phénomène qui pourrait inciter la Fédération royale marocaine de football (FRMF) à investir davantage dans la formation et la professionnalisation des joueuses.


Sources : Hespress (4 août 2026), RMC Sport.