Bourse, ciment et investissements publics : les signaux économiques du Maroc ce 27 octobre

La Bourse de Casablanca recule légèrement, les ventes de ciment confirment une reprise modérée du secteur, tandis que les investissements des établissements publics atteignent un niveau record en 2026.

Bourse, ciment et investissements publics : les signaux économiques du Maroc ce 27 octobre
Photo de Samuel Regan-Asante sur Unsplash

La Bourse de Casablanca marque une pause après plusieurs semaines de progression

La séance du lundi 26 octobre a vu l’indice MASI de la Bourse de Casablanca clôturer en baisse de 0,32 %, à 16.999,56 points, repassant ainsi sous le seuil symbolique des 17.000 points. Selon les données publiées par Médias24, les échanges ont atteint 729,6 millions de dirhams (MDH), avec une domination des titres Cash Plus et Douja Promotion Addoha. La capitalisation boursière s’établit désormais à 997,47 milliards de dirhams (MMDH), reflétant une légère correction après une période de hausse soutenue.

Cette baisse intervient dans un contexte où les marchés financiers marocains ont bénéficié ces dernières semaines d’un regain de confiance, porté par la stabilité du dirham et les perspectives économiques favorables inscrites dans le Projet de loi de finances (PLF) 2027. Cependant, les analystes soulignent que cette correction pourrait aussi traduire une prise de bénéfices après plusieurs séances de progression, ainsi qu’une prudence accrue face aux incertitudes géopolitiques régionales.

Le secteur de la construction confirme une reprise modérée

Les ventes de ciment au Maroc ont enregistré une hausse de 1,2 % sur les neuf premiers mois de 2026, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF). Cette progression, bien que modeste, marque un rebond après une année 2025 marquée par un ralentissement. Elle est principalement portée par le segment du béton prêt à l’emploi (+8,6 %) et, dans une moindre mesure, par les infrastructures (+19,5 %), tandis que le bâtiment affiche une croissance plus timide (+0,9 %).

La valeur ajoutée du secteur de la construction a progressé de 2,1 % au premier semestre 2026, un rythme inférieur à celui observé en 2025, mais qui confirme une tendance à la stabilisation. Cette évolution reflète les efforts du gouvernement pour relancer les grands projets d’infrastructure, tout en maintenant un équilibre face aux contraintes budgétaires. Le PLF 2027 prévoit d’ailleurs un soutien accru aux secteurs productifs, avec une attention particulière portée aux PME et aux projets structurants.

Les investissements publics atteignent un pic historique en 2026

Les établissements et entreprises publics (EEP) devraient investir 209,6 milliards de dirhams (MMDH) en 2026, soit une hausse de 69 % par rapport à 2025, selon le rapport annexé au PLF 2027. Ce niveau record, quasi maintenu en 2027 avec une projection de 209,2 MMDH, illustre l’effort soutenu de l’État pour dynamiser l’économie nationale. Cependant, ce rapport souligne également une concentration persistante des investissements sur un nombre limité d’opérateurs, bien que la répartition régionale montre quelques évolutions.

Parmi les secteurs les plus dynamiques figurent les infrastructures, l’énergie et les transports, avec des projets tels que le développement du réseau ferroviaire et les programmes liés à la Coupe du monde 2030. Toutefois, cette manne financière soulève des questions sur la capacité des EEP à absorber ces fonds de manière efficace, ainsi que sur la pérennité de cet effort au-delà de 2027, les projections pour 2028 et 2029 laissant entrevoir un repli significatif.

Ce qu’il faut retenir

La journée du 27 octobre offre un panorama contrasté de l’économie marocaine. D’un côté, la Bourse de Casablanca marque une pause après une période de progression, reflétant à la fois une prise de bénéfices et une prudence face aux incertitudes régionales. De l’autre, le secteur de la construction confirme une reprise modérée, soutenue par les grands projets d’infrastructure, tandis que les investissements publics atteignent des niveaux inédits, bien que leur répartition et leur pérennité restent des enjeux majeurs.

Ces signaux économiques s’inscrivent dans un contexte plus large, où le Maroc cherche à consolider sa position de hub financier et logistique en Afrique, tout en maintenant un équilibre entre relance économique et rigueur budgétaire. Le PLF 2027, actuellement en discussion, sera un indicateur clé pour mesurer la capacité du Royaume à concilier ces ambitions avec les réalités du terrain.