Géopolitique : l'Australie renforce son influence dans le Pacifique face à la Chine
L'Australie signe un traité de défense avec les Fidji et étend sa coopération climatique. En Ukraine, les frappes russes s'intensifient à la veille d'un sommet de l'Otan, tandis que Rosatom défie les sanctions occidentales.
L’Australie consolide son leadership dans le Pacifique face à Pékin
L’Australie a signé lundi 6 juillet deux traités avec les îles Fidji, marquant une étape décisive dans sa stratégie d’influence régionale. Le premier accord, centré sur la défense, formalise une coopération militaire déjà existante, tandis que le second élargit le partenariat à des domaines aussi variés que la lutte contre le changement climatique, la cybersécurité et le développement économique. Ces traités interviennent dans un contexte de rivalité accrue avec la Chine, qui multiplie les initiatives diplomatiques et les investissements dans le Pacifique Sud.
Pour Canberra, il s’agit de contrer l’influence croissante de Pékin, notamment après la signature en 2022 d’un pacte de sécurité entre la Chine et les îles Salomon. « Ces accords avec Fidji envoient un signal clair : l’Australie reste le partenaire privilégié des nations du Pacifique », a déclaré Penny Wong, ministre australienne des Affaires étrangères, lors de la cérémonie de signature à Suva. Les Fidji, dirigées par le Premier ministre Sitiveni Rabuka, ont salué une « relation historique » tout en soulignant leur volonté de maintenir une « politique étrangère indépendante ».
Cette dynamique s’inscrit dans une stratégie plus large de l’Australie, qui a également renforcé ses liens avec la Papouasie-Nouvelle-Guinée et le Vanuatu ces derniers mois. Les enjeux sont autant sécuritaires qu’économiques : le Pacifique Sud représente une zone clé pour les câbles sous-marins et les routes maritimes, tandis que les îles de la région sont en première ligne face aux conséquences du réchauffement climatique.
Ukraine : les frappes russes s’intensifient à l’approche du sommet de l’Otan
Alors que l’Otan s’apprête à tenir un sommet crucial à Ankara, les bombardements russes sur l’Ukraine se sont intensifiés lundi. La région de Kiev a été particulièrement touchée, avec au moins huit morts, dont sept dans la capitale ukrainienne. Des journalistes de l’AFP ont rapporté des dizaines d’explosions dans la nuit, tandis que les autorités locales ont confirmé des dégâts importants sur les infrastructures civiles.
En Crimée, annexée par la Russie en 2014, la ville de Sébastopol a été privée d’électricité après une attaque ukrainienne ciblant les infrastructures énergétiques. Ces frappes interviennent dans un contexte de tensions diplomatiques accrues, alors que l’Ukraine espère obtenir des engagements concrets de la part des membres de l’Otan sur son adhésion future. « La Russie cherche à envoyer un message avant le sommet : elle ne recule pas », analyse un diplomate européen sous couvert d’anonymat.
Pour Kiev, la situation reste critique. Les forces ukrainiennes, confrontées à des pénuries de munitions et à une supériorité aérienne russe, peinent à contenir les avancées ennemies dans l’est du pays. Les frappes sur la capitale, bien que moins fréquentes qu’en 2022, rappellent que la guerre est loin d’être terminée. « Chaque explosion est un rappel que la paix ne sera pas négociée depuis une position de faiblesse », a déclaré le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une allocution télévisée lundi soir.
Rosatom : le géant russe du nucléaire défie les sanctions occidentales
Alors que la Russie est soumise à plus de 25 000 sanctions depuis 2022, Rosatom, l’entreprise publique chargée du nucléaire civil et militaire, étend son influence à l’international. Selon un rapport récent de l’ONG Bellona, Rosatom est aujourd’hui « plus puissante qu’à l’époque soviétique », avec une emprise croissante sur des secteurs stratégiques de l’économie russe, allant de l’énergie à la production de missiles.
Cette expansion est d’autant plus remarquable que Rosatom continue de signer des contrats à l’étranger, notamment en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient. « Les sanctions occidentales ont eu l’effet inverse de celui escompté : elles ont renforcé Rosatom en en faisant un outil clé de la souveraineté russe », souligne le rapport. L’entreprise, qui gère également les centrales nucléaires ukrainiennes occupées par Moscou, est devenue un pilier du complexe militaro-industriel russe.
Pour les Occidentaux, la question est désormais de savoir comment limiter l’influence de Rosatom sans pénaliser les pays tiers qui dépendent de son expertise, comme la Hongrie ou la Turquie. « Rosatom est un cas d’école : les sanctions ont créé un monstre économique qui échappe à tout contrôle », estime un expert en géopolitique de l’énergie. En Europe, certains pays, comme la Finlande, ont rompu leurs contrats avec Rosatom, mais d’autres, comme la Bulgarie, continuent de collaborer avec l’entreprise.
Ce qu’il faut retenir
- L’Australie renforce son ancrage dans le Pacifique avec deux traités signés avec les Fidji, couvrant la défense et la coopération climatique. Ces accords visent à contrer l’influence croissante de la Chine dans la région.
- La guerre en Ukraine s’intensifie à l’approche du sommet de l’Otan à Ankara, avec des frappes russes ciblant Kiev et des attaques ukrainiennes en Crimée. La situation sur le terrain reste critique pour les forces de Kiev.
- Rosatom, le géant russe du nucléaire, défie les sanctions occidentales et étend son influence à l’international. L’entreprise est devenue un acteur clé de l’économie et de la défense russes, malgré les mesures restrictives imposées par l’Occident.
- En Europe, la question des sanctions contre Rosatom divise, entre ceux qui veulent rompre toute collaboration et ceux qui dépendent encore de son expertise. Une équation complexe pour les pays occidentaux.