Maroc : l'AMMC sonne l'alerte sur les OPCVM, les enjeux du dessalement et la cybersécurité
L'actif net des OPCVM recule de 3,44% en une semaine, tandis que les secteurs du dessalement et de la cybersécurité révèlent des opportunités stratégiques pour l'économie marocaine.
Les OPCVM marocains en repli : un signal à décrypter
L’Autorité marocaine du marché des capitaux (AMMC) a publié des chiffres qui interrogent. Au 2 octobre 2026, l’actif net sous gestion des Organismes de placement collectif en valeurs mobilières (OPCVM) s’établissait à 791,9 milliards de dirhams (MMDH), en baisse de 3,44 % sur une semaine. Une contraction qui touche presque toutes les catégories : les fonds monétaires (-12,38 %), contractuels (-4,82 %), obligataires court terme (-3,02 %), actions (-2,85 %), diversifiés (-2,37 %) et obligataires moyen et long terme (-0,41 %). Seul le segment des fonds immobiliers semble épargné, mais les données de l’AMMC ne le détaillent pas cette fois.
Cette baisse intervient dans un contexte où la Bourse de Casablanca, déjà scrutée pour sa volatilité, peine à rassurer les investisseurs malgré des résultats semestriels globalement positifs. Les analystes pointent plusieurs facteurs : la remontée des taux d’intérêt, qui rend les placements obligataires plus attractifs que les actions, et une prudence accrue des institutionnels, échaudés par les incertitudes macroéconomiques régionales. "Les OPCVM reflètent la confiance des investisseurs, et cette baisse est un signal que les acteurs attendent des clarifications sur la trajectoire économique du pays", observe un gestionnaire de fonds basé à Casablanca, sous couvert d’anonymat.
Pourtant, le nombre de fonds en activité reste stable, à 627. Un paradoxe ? Pas forcément. Les gestionnaires semblent privilégier la consolidation plutôt que l’expansion, dans l’attente d’un environnement plus favorable. La question est désormais de savoir si cette tendance est conjoncturelle ou le début d’un mouvement plus structurel.
Dessalement et énergie : le Maroc mise sur les synergies industrielles
Du 25 au 28 novembre, Casablanca accueillera trois salons stratégiques : elec expo, EneR Event et Tronica Expo. L’occasion pour le Maroc de mettre en lumière ses ambitions en matière de souveraineté industrielle, notamment dans les secteurs du dessalement et des énergies renouvelables. Avec des besoins en eau et en électricité en constante augmentation, le pays accélère ses investissements dans les infrastructures hydriques et énergétiques, ouvrant la voie à des partenariats public-privé et à des transferts de technologie.
L’Italie sera le pays à l’honneur de cette édition, un choix qui n’est pas anodin. Rome et Rabat entretiennent des relations économiques étroites, notamment dans les domaines de l’énergie et des technologies industrielles. Les discussions porteront sur des projets concrets, comme la modernisation des réseaux électriques ou le développement de solutions de dessalement à grande échelle, un enjeu crucial pour un pays où les ressources en eau douce se raréfient.
"Le dessalement n’est plus une option, mais une nécessité", souligne un responsable du ministère de l’Équipement et de l’Eau. Les projets en cours, comme celui de Casablanca ou d’Agadir, devraient permettre de sécuriser l’approvisionnement en eau potable, mais aussi d’alimenter les industries locales, notamment l’agriculture et le tourisme. Reste à voir si ces investissements parviendront à attirer les capitaux étrangers, dans un contexte où la concurrence est féroce entre les pays de la région.
Cybersécurité : Maroc Telecom en première ligne pour une Afrique résiliente
À l’occasion de l’African Cybersecurity Forum, organisé du 12 au 14 octobre à Rabat, Maroc Telecom a réaffirmé son rôle central dans la sécurisation des infrastructures numériques, au Maroc comme sur le continent. Le groupe, présent dans plusieurs pays africains, mise sur une approche combinant solutions technologiques, expertise humaine et coopération avec les acteurs publics et privés.
La cybersécurité est devenue un enjeu stratégique pour les économies africaines, confrontées à une transformation numérique accélérée et à une multiplication des cybermenaces. "Les attaques ciblent désormais les infrastructures critiques, comme les systèmes bancaires ou les réseaux énergétiques", explique un expert en cybersécurité présent au forum. Dans ce contexte, Maroc Telecom met en avant ses investissements dans la détection des menaces, la formation des équipes et la sensibilisation des utilisateurs.
Le groupe ne se contente pas de protéger ses propres réseaux. Il propose également des solutions clés en main à ses partenaires africains, notamment dans les pays où la régulation est encore balbutiante. "Notre objectif est de créer un écosystème résilient, où les acteurs publics et privés collaborent pour anticiper les risques", précise un responsable du groupe.
Cette approche s’inscrit dans une stratégie plus large de positionnement du Maroc comme hub technologique régional. Avec des infrastructures de plus en plus connectées, le pays doit cependant relever un défi de taille : former suffisamment de talents pour répondre aux besoins croissants en cybersécurité.
Ce qu’il faut retenir
- Les OPCVM en difficulté : La baisse de 3,44 % de l’actif net sous gestion en une semaine reflète une prudence accrue des investisseurs, dans un contexte de taux d’intérêt élevés et d’incertitudes macroéconomiques. Une tendance à surveiller, alors que la Bourse de Casablanca peine à retrouver la confiance des marchés.
- Dessalement et énergie, des secteurs clés : Les salons elec expo, EneR Event et Tronica Expo mettront en lumière les opportunités industrielles liées au dessalement et aux énergies renouvelables. Le Maroc cherche à attirer des partenariats technologiques, notamment avec l’Italie, pour sécuriser ses ressources en eau et en électricité.
- Cybersécurité, un enjeu continental : Maroc Telecom joue un rôle central dans la protection des infrastructures numériques en Afrique. Le groupe mise sur une approche collaborative pour renforcer la résilience des réseaux, face à des cybermenaces de plus en plus sophistiquées.
- Souveraineté industrielle en marche : Que ce soit dans l’eau, l’énergie ou le numérique, le Maroc accélère ses investissements pour réduire sa dépendance aux importations et renforcer son autonomie stratégique. Une dynamique qui pourrait redessiner les équilibres économiques régionaux.